Adios!
Publié le 17 Novembre 2014
Voici enfin mes commentaires sur les 2 derniers semaines. Préparez-vous, je me suis rachetée pour mon silence et il y a matière à lire ci-dessous.
Nous avons débarqué à Cuba le 3 novembre comme prévu. Le dépaysement est énorme (un peu trop pour moi). C'est un mélange particulier de modernité et d'une société bloquée en 1959. D'ailleurs nous l'avons expérimenté dès la sortie de l'aéroport, quand nous sommes montés dans un taxi original, une chevrolet rouge de 1957, avec des sièges défoncés et sans ceinture de sécurité. A la descente du taxi, nos bagage puaient la benzine vu qu'ils ont été déposés sur des bidons souillés. Cette odeur tenace nous a accompagnée plusieurs jours...Assez désagréable pour s'endormir le soir... Nous avions réservé une voiture de location (une Renault) plus récente, heureusement. Mais au moment de la prendre à l'agence, nous avons appris qu'il n'y avait pas de voiture pour nous en raison de surbooking et qu'il n'était pas certain que nous en recevrions une le jour même. Finalement, après quelques heures d'attente, nous avons quand même pu avoir une voiture.
Certains cubains disposent d'un smartphone mais internet n'est accessible que dans des rares centres d'accès de l'agence de télécommunications nationale ou des hôtels de luxe mais le service (payant) me fonctionne pas toujours.
Il est difficile de résumer l'esprit cubain mais on peut y retrouver quelques traces d'un caractère commun aux soviétiques. Tout est identique partout, tout le monde fait les mêmes choses, souvent avec lenteur et notre comportement de touristes indépendants adeptes des voyage hors des sentiers battus n'est pas apprécié. Ici, tous les voyageurs font la même chose... ou ne font rien. Tout est payant, guidé, conseillé, pistonné. Impossible de faire la moindre randonnée sans un guide. Et quand les guides sont indisponibles, il faut revenir un autre jour (ce qui est quasiment toujours le cas). Toutefois, la qualité n'est pas au rendez-vous, soit les guides ne disent pas un mot, soit ils traînent (3km en 3h) en vous racontant des tas de choses qui n'ont aucun lien avec la nature ou la promenade. Idem pour tout ce que l'on achète, la boulangerie est fermée, hop on nous amène dans une rue perdue et délabrée dans une arrière boutique où un employé nous tend 2 morceaux de pain. Sans que nous n'ayons rien demandé. La nourriture se compose de fruits en quantité mais est très monotone et identique sur toute l'île : sandwich jambon fromage et fruits le matin et à midi, et salade tomates-concombres, riz aux haricots rouges accompagné de poulet ou de poisson désalé le soir. Et bien sûr, on vous sert du café sans arrêt (personne ne songe même à vous demander si vous en buvez), et il semble très choquant de ne pas fumer le cigare. Les rares supermarchés contiennent généralement quelques boîtes de conserves, du riz et des biscuits. Les fruits et légumes s'achètent dans des stands ambulants dans la rue, les produits laitiers sont introuvables hormis du fromage qui se trouve dans tous les sandwiches mais dont nous ignorons l'origine.
Les paysages sont beaux et la mer recèle de beau poissons. J'ai vu des poissons perroquets, des espèces de soles, des barracudas, des poissons chirurgiens, des poissons bleu-marine avec des paillettes...
Nous sommes partis de la Havane vers Sorroa puis vers Vinales, un parc naturel classé Unesco. La région est très belle, avec des collines rocheuses et beaucoup de verdure. Nous avons visité deux grottes, qui ont peu en commun avec les grottes européennes. Elles sont sèches, la pierre ressemble plus à de la molasse, sans formation cristalline. Au fond on trouve généralement un plan d'eau brunâtre.
Nous avons continué notre route en direction de l'est jusqu'au dernier point accessible (Maria la Gorda). C'est là que l'on trouve un immense parc naturel. Nous y avons nagé un peu et fait une courte randonnée de 3 km (nous aurions évidemment voulu faire plus mais il n'y a pas de possibilité), guidée évidemment pendant 3h. Puis nous sommes répartis dans l'autre sens direction l'Ouest. Nous avons visité 2 ou 3 villes mineures avant d'arriver à Cienfuegos que nous avons visité avant de rejoindre Trinidad puis Sancti Spiritus et Santa Clara où se trouve le mausolée de Che Guevara. Nous avons ensuite rejoint La Havane où nous avons rendu la voiture 2 jours avant la course des 10km de la Havane que nous attendions ardemment. Le matin de la course, nous nous sommes levés à 6h15 pour partir à 6h30, la course débutant à 7h. Quelle ne fut pas notre mauvaise suprise de nous trouvés devant la porte d'entrée de la maison fermée à clé, impossible à ouvrir de l'intérieur avec notre clé qui nous avait pourtant bien servi de l'extérieur le soir précédent quand nous sommes rentrés du restaurant. La propriétaire résidant dans une maison à côté, j'ai eu beau crier à l'extérieur pour l'appeler, ce fut vain. Impossible également de sortir par les fenêtres puisque la mode cubaine est de toutes les grillagés. Nous étions bloqués dans notre cage et les minutes passaient, nous rapprochant de l'heure fatidique. Finalement, j'ai hélé un passant dans la rue en lui expliquant que nous ne pouvions pas sortir et en lui donnant par la fenêtre la clé pour qu'il ouvre la porte de l'extérieur. Ce qu'il a fait avec un air incredule, surtout en voyant deux fous en habit de sport sortir en courant en le remerciant. Nous avons sprinté jusqu'à la ligne de départ où nous sommes tombés nez-à-nez avec un couple portant le T-shirt des 20 km de Lausanne de 2012. Arnaud portait exactement le même et moi celui du CHUV. Ils nous ont expliqué qu'il faisait des entraînements de course tous les mercredis au stade de coubertin et nous ont inviter à les rejoindre un jour. La course était facile au niveau du tracé, mais la chaleur était tuante. Nous avions décidé de courir lentement afin de survivre. Vous pouvez voir notre brillant résultat sur le site du maracuba.
Le highlight du voyage ayant été réalisé, nous avons empaqueté nos bagages et sommes répartis en direction de l'aéroport. Effectivement, nous avons raccourcis notre séjour sur l'île, les conditions étant peu adaptable à notre genre de vacances...
Procédons par thème:
Les points forts de l'île:
Les cubains sont très gentils et toujours prêts à nous aider. Vous ne risquez pas de passer la nuit dehors, il y a toujours quelqu'un qui connaît quelqu'un pouvant vous loger.
Les paysages sont relativement intacts et verdoyants partout sur l'île.
La nourriture est simple mais bonne et les fruits tropicaux bien mûrs sont constamment délicieux. Surtout après avoir cuit quelques heures dans une voiture. Parfum d'ambiance garanti sans additif toxique.
Le coût de la vie est bon marché pour nous. Les nuits en demi pension coûtent entre 40 et 70 CHF (1 CHF = env 1 $) pour 2 personnes. Un sac de fruits composé d'un ananas, de quelques bananes, 2 tomates et un avocat coûte 1 CHF.
Nourriture: elle se compose principalement de fruits et légumes, toujours les mêmes: papayes, bananes, agrumes, ananas, goyaves pour ce qui est des fruits et tomates, concombres, choux verts pour les légumes. Les féculents sont invariablement un choix de riz blanc, haricots rouges et chips de patate douce ou banane plantain. Quant au pain, il s'agit toujours de pain blanc, doux ou salé et mou comme une brioche. Il est généralement vendu par sac de plusieurs pièces. C'est le même sur toute l'île. Les variations n'existent pas car la boulangerie est étatique... Les repas contiennent toujours du poulet, du poisson desalé ou parfois de la langouste. Tout cela se vend par porte-à-porte pour le pain (il n'existe que de rares boulangeries) et sur des petites charrettes dans la rue pour ce qui est des végétaux. Les énormes sacs de riz et haricots secs se trouvent dans des petites cabanes en bois qui souvent font aussi office de "cafétéria". Attention il s'agit cette fois d'un minuscule point de vente de sandwiches et de cocktails, voire également de cigares mais qui semble toujours insalubre. Les cubains ne rentrant pas chez eux à midi et travaillant souvent dehors au milieu de nulle part, ces cafétérias se trouvent à peu près n'importe où. Dans les villes, la diversité alimentaire est légèrement supérieure puisqu'il y a aussi des vrais restaurants qui proposent parfois des choses aussi originales que des pizze ou des spaghetti à la napolitaine.
Le meilleur plan est de manger le soir dans la "casa particular" où l'on réside. Ce sont des chambres louées chez l'habitant avec petit-déjeuner inclus et si on le désire, on peut également y prendre le repas du soir. La nourriture proposée est la même qu'ailleurs mais les portions sont toujours énormes (ce qui compense le fait de n'avoir quasi rien mangé à midi) et sont presque offertes vu que nous payons généralement moins de 10 fr. En plus, il est possible de débarquer à n'importe quelle heure, même après 18h sans qu'il n'y ait jamais de problème pour commander un festin.
Hôtel
En gros il y a 2 possibilités de se loger: aller dans un hôtel balnéaire soit-disant tout confort et plein d'étoiles, ou aller dans une casa particular. Entre deux, il n'y a guère de possibilité, hormis quelques très rares motels décrépis. Les hôtels sont censés présenter le confort occidental mais ce n'est qu'une tentative sans succès. Les toilettes ne possèdent pas de lunettes et l'utilité de la chasse d'eau est douteuse, les persiennes ne s'ouvrent pas, la chaleur de l'eau de la douche n'est pas réglable et l'Internet promis ne fonctionne jamais (par contre vous pouvez payer l'accès sans souci). Un seul point est constamment parfait, la propreté irréprochable partout où l'on va.
Les casas particulares sont surveillées par l'état et un confort minimum est obligatoire, celui-ci comprend un ventilateur et une douche d'eau chaude. En général on se retrouve dans une chambre de la maison avec salle de bain privée. On partage la maison avec toute la famille, voire les visiteurs sans que personne ne semble déranger par notre présence même si l'on traverse la cuisine pendant que les hôtes y mangent. Les propriétaires sont toujours sympathiques et se donnent de la peine pour nous aider, quoique l'on ait besoin.
Relations sociales
Les cubains partagent tout et ont beaucoup de connaissance un peu partout. Quoique l'on désire faire (dans la mesure des habitudes touristiques), n'importe qui peut nous indiquer l'ami d'un frère d'une voisine qui pourra forcément nous aider. Malheureusement, il n'est pas toujours nécessaire d'en avoir besoin pour que ces conseils nous soient prodigués. Si l'on a le malheur de s'arrêter à quelque part 2 secondes de trop, quelqu'un nous aborde forcément pour nous demander d'où l'on vient et ce qu'on cherche. Si c'est très utile quand on est perdu, c'est très agaçant quand on essaie d'admirer un détail quelconque. En effet, il est assez pénible de se faire répéter sans arrêt qu'il faut aller manger là, louer des vélos ici pour aller voir ça, aller acheter des fruits dans une rue plutôt qu'une autre parce qu'ils sont meilleurs...bref, nous nous en sortons en général en "remerciant du conseil dont nous bénéficierons avec plaisir plus tard où le jour suivant". Cela suffit heureusement à satisfaire la plupart des gens. À part ça, les cubains nous parlent pour vendre leurs services où nous expliquer ce que nous devons faire mais la conversation va rarement plus loin. Les rapports restent purement commerciaux et il est difficile d'essayer de gratter le vernis touristique pour accéder à quelque chose de plus profond pour en savoir plus sur les conditions de vie des cubains. Pour les touristes, les cubains sont souriants et hyper heureux et n'ont aucune critique sur rien, tout est merveilleux. Hum hum, on y croit guère quand on voit le nombre de gens qui sont désoeuvrés, qui ne peuvent pas s'acheter à manger, qui mendient...
Route
Une autoroute traverse cuba de l'Ouest à la moitié est en passant par la Havane. Elle comporte 3 pistes, ce qui suffit à la circulation des voitures (modernes ou vieilles américaines crachant de la fumée noire), des camions, des bus, des charrettes, des vélos et des piétons. Les indications sont rares, mais que l'on se rassure, si la sortie que l'on désirait emprunter est manquée, il suffit de traverser la bande d'herbe qui nous sépare des pistes allant en direction inverse et de repartir dans le bon sens nous dirigeant vers la sortie souhaitée. Les routes secondaires sont plus simples et souvent détériorées ce qui rend les trajets les plus courts ... plus longs. Sans compter qu'il n'y a aucun panneau indicateur et qu'il faut fréquemment s'arrêter pour demander son chemin. Comme les cubains se déplacent principalement en autostop, il faut jouer le jeu et emmener quelques voyageurs. L'avantage étant qu'ils indiquent la route à prendre. Nous prenons surtout des femmes et des enfants. La conduite en elle-même n'est pas compliquée, hormis la difficulté de ne pas s'endormir face au caractère monotone des routes. Celles-ci sont absolument rectilignes, planes et bordées d'arbres identiques de chaque côté. Bon, il y a aussi des régions sans arbres. Dans ce cas, la route est bordée d'une plaine verte.
Parcs naturels
Il y a de nombreux parc sur le territoire cubain, comprenant plusieurs réserves de biosphère classées à l'UNESCO. Les guides touristiques louent la grande diversité de ces régions et nous nous réjouissions de les découvrir en randonnant au travers. Malheureusement, nous avons chaque fois les mêmes mauvaises surprises. Les visites des parcs sont payantes, guidées et automobiles uniquement. Quelques rares randonnées guidées peuvent être réalisée si l'on insiste énormément, mais elles se bornent à 2 ou 3 km tout en s'étendant sur plusieurs heures pendant lesquelles le guide nous explique quelques détails basiques et surtout qu'il fait un travail dur et collectionne les billets de banque du monde...et que (étonnamment!) malgré le nombre important de touristes suisses, il n'a jamais vu de monnaie suisse. Tiens donc...
Animaux
Les animaux sont principalement des aides techniques, boeufs et chevaux pour tirer les charrettes ou labourer les champs, chèvres, cochons et poules à manger. Si ces dernières bêtes de boucherie doivent vivre assez gaiement vu qu'elles se promènent librement où bon leur semble et se nourrissent d'herbe fraîche, les chevaux surtout font vraiment pitié. Ils n'ont souvent que la peau sur les os et présentent des plaies à vifs où volent les mouches. Quelques autres animaux retenus à but purement touristiques font également peine à voir:un jeune crocodile rangé dans une boîte en bois de la taille d'une boîte de couture, en compagnie d'un serpent, un crocodile adulte gardé dans la cuve vide d'une fontaine de restaurant et juste rafraichi de temps en temps par une tasse d'eau, des chats et des chiens errants partout... Manifestement, la Société Protectrice des animaux n'est pas soutenue ici par le Comité Directeur de la Révolution.
Villes
Les villes sont composées de longues rues en damier comportant principalement des casas particulares, des magasins proposant tous la même chose (boites de conserve, huile en bidon et paquets de biscuits), des cafétérias, des restaurants et quelques hôtels de luxe. La pollution y est majeure. Les filtres à particule n'existent pas et nos poumons ne disent pas merci! On se promène en permanence dans un nuage de gaz d'échappement, ce qui fait regretter de ne pas avoir emporter quelques masques 3M. Nous avons tous les deux développé un rhume d'irritation toxique et la participation aux 10km de La Havane à été remise en question. L'autre point d'irritation citadin est la présence de cubains harceleurs absolument partout. La promenade en ville est une longue suite de propositions de prendre un taxi, d'acheter une pizza, de monter en charrette, de manger au restaurant... qui donne une idée de ce que peut être la définition du mot "infini". Il ne faut jamais s'arrêter et flâner est impossible si on veut limiter le nombre d'importuns. En général, il n'y a pas de musées et peu de monuments dans les villes. Les cartes postales et les guides de voyage montrent des photos splendides de maison colorées mais sur place, on comprend assez vite qu'il s'agit d'un quartier très restreint d'une ville servant à attirer les touristes, alors que le reste de la ville est plutôt délabré et sale. On ne s'attarde donc guère plus d'une journée en ville, sauf si on aime traîner sur des terrasses pour boire des cocktails et regarder les bedeaux passer.
Musique
La plupart des gens imaginent que Cuba est musicale, que les gens jouent dans la rue et dansent sans arrêt. En réalité, les seuls endroits où nous avons vu des gens jouer de la musique sont les restaurants touristiques. Il s'agissait toujours de 4 ou 5 musiciens a l'air dépressif qui jouent en boucle les 5 ou 6 chansons soit-disant préférées des touristes (Che Guevara, Guantanamera, Lacrimas Negras...). Nous n'avons jamais vu personne danser...
Problèmes
Quoiqu'on fasse, rien ne peut jamais se dérouler comme prévu. Si on veut faire une promenade guidée, il n'y a pas de guide, si on a une réservation de voiture de location, il faut attendre quelques heures en raison du surbooking, si on veut changer son argent à l'aéroport avant de quitter l'île, on ne peut pas car il n'y en a plus à l'office de change (j'ai du prendre le taxi pour me rendre à un autre terminal où il y avait encore de l'argent...), impossible de trouver du scotch dans un 5 étoiles de La Havane pour coller un timbre décollé (j'ai dû envoyer ma carte depuis les caïmans)...bref, il ne faut pas avoir trop d'attentes, on risque d'être déçu.
En conclusion, nous avons l'impression que Cuba plaît aux gens qui aiment profiter du luxe ensoleillé pour pas grand chose dans les hôtels de bord de mer, et farnientiser sur les terrasses en buvant des cocktails. Pour ceux qui aiment sortir des sentiers battus et veulent plutôt de l'aventure, je déconseillerai l'endroit.
Vous l'aurez compris, nous avons donc avancé notre prochain vol pour les îles Caïmans. Cela ne devait être qu'une escale, mais finalement, nous y resterons quelques jours. Nous résidons dans un joli BnB du nom de Shangri-La.
À partir de maintenant, je devrais être en mesure de vous donner plus souvent des nouvelles. À bientôt donc!








